Photographie dentaire : série, matériel et réglages
Portraits, vues intrabuccales avec écarteurs, occlusales au miroir : une série photo dentaire ne sert que si vous la refaites à l'identique à chaque étape du traitement.
· 5 min de lecture · Par MedPix
Une photo dentaire garde la trace de la bouche avant le traitement, montre son évolution et aide à l'expliquer au patient. Elle ne remplit ce rôle que si la série se refait à l'identique d'une séance à l'autre. Ce guide reprend les séries de référence en orthodontie et en dentisterie esthétique, le matériel, les réglages et les règles à respecter en France.
Pourquoi photographier
En orthodontie, Sandler et Murray décrivent la série photo comme un dossier précieux pour informer le patient, pour l'enseignement et en cas de litige. Les photos prises en cours de traitement gardent aussi une trace de l'hygiène buccale du patient à chaque étape.
En dentisterie esthétique, l'American Academy of Cosmetic Dentistry (AACD) juge un cas sur les mêmes vues prises avant et après le traitement. La logique vaut pour l'implantologie et la prothèse : une série avant, des photos aux étapes clés, une série après.
La série de base
Sandler et Murray ont interrogé les membres de l'Angle Society of Europe : 68 orthodontistes sur 70 ont répondu. Ils en tirent un minimum de 9 photos avant et 9 photos après le traitement :
- 4 vues exobuccales : visage de face au repos, visage de face souriant, trois quarts et profil ;
- 5 vues intrabuccales : face, latérale droite, latérale gauche, occlusale haute et occlusale basse.
L'AACD demande 12 vues avant et 12 vues après :
- 4 vues sans écarteurs : le visage de face, puis le sourire de face, de droite et de gauche ;
- 6 vues avec écarteurs : les deux arcades dents légèrement entrouvertes, puis les incisives maxillaires seules, chaque fois de face, de droite et de gauche ;
- 2 vues au miroir : les arcades maxillaire et mandibulaire en vue occlusale.
Chaque vue a son rapport de grandissement : 1:10 pour le visage, 1:2 pour le sourire et les arcades, 1:1 pour les incisives seules.

Le matériel
La série de référence se prend avec un boîtier à objectif macro. Une formation d'orthodontie britannique situe la focale idéale entre 90 et 105 mm : vous restez à distance confortable du patient, même pour un gros plan des molaires. La lumière vient d'un flash fixé sur l'objectif, comme un flash annulaire. Un boîtier hybride fait aussi bien qu'un reflex : dans une étude du Journal of Orthodontics, toutes les photos des deux appareils ont été jugées bonnes.
Ajoutez des écarteurs, des miroirs occlusaux et un contrasteur noir pour isoler les incisives. L'AACD conseille un assistant qui place les écarteurs, sèche les dents, tient le miroir et l'empêche de s'embuer.

Et le smartphone ? Dans la même étude, quatre orthodontistes ont noté 180 photos prises au reflex, à l'hybride et à l'iPhone 14 Pro. Toutes les photos du reflex étaient bonnes, contre 41,7 % de celles du smartphone ; les autres restaient acceptables. L'écart est net sur les vues latérales : 12,5 % seulement ont été jugées bonnes. Les auteurs estiment le smartphone suffisant pour le dossier, pas pour un tirage grand format.
Pour la teinte, une revue systématique de 2026 n'a trouvé, sur huit études, aucune supériorité constante du reflex ou du smartphone : la lumière, l'étalonnage et le protocole comptent davantage que l'appareil. Notre guide smartphone ou reflex détaille ce choix.
Les réglages et la constance
Une série ne se compare que si chaque vue se refait à l'identique. Gardez pour chaque vue le même rapport de grandissement, le même flash et la même position du patient.
- Fermez le diaphragme pour que toute l'arcade soit nette : la formation britannique indique f/22 pour la plupart des vues cliniques.
- Sur la vue de face, centrez le milieu interincisif et gardez le plan d'occlusion horizontal.
- Pour les occlusales, allongez le patient. L'assistant appuie le miroir contre l'arcade opposée et souffle un peu d'air sec contre la buée.
- Remettez à l'endroit les vues prises au miroir : elles sont inversées, et la formation britannique recommande de les retourner horizontalement avant de les regarder.


La constance paie au moment de comparer : avec le même cadrage et la même lumière, seul le résultat du traitement change d'une photo à l'autre.

L'accord du patient et le rangement
Demandez un accord écrit avant la série. La formation britannique distingue trois niveaux : le dossier seul, un usage restreint (avis d'un confrère, enseignement) et la publication. Prévenez le patient qu'une photo publiée ne peut pas toujours être retirée.
En France, l'Ordre de la profession (ONCD) cite parmi les risques la diffusion de photos qui permettent de reconnaître un patient, et celle de photos avant et après traitement, qui pourraient suggérer un résultat certain. Gardez ces images pour le dossier et l'échange avec le patient.
Les photos prises pendant les soins sont des données de santé. Le code de la santé publique impose de les héberger chez un hébergeur certifié HDS. Leur place est dans le dossier du patient, pas dans la pellicule de votre téléphone.
Dans MedPix
Les photos prises dans MedPix ne passent pas par votre pellicule : elles rejoignent le dossier du patient, hébergé en Europe sur une infrastructure certifiée HDS. Une vue prise au miroir se remet à l'endroit avec le retournement horizontal de l'éditeur, dans toutes les offres. Vous comparez deux séances côte à côte, superposées ou en fondu, et vous annotez la photo pour l'expliquer au patient.
Avec l'offre Pro, l'app MedPix pour Mac importe la série du reflex par câble ou carte SD, et sans fil sur certains appareils Canon. Le patient signe son consentement à l'écran et accède à son portail patient par QR code. Au cabinet, l'app MedPix pour Windows relie MedPix au logiciel LOGOSw.
Sources
- Sandler J, Murray A. Clinical photographs—the gold standard. Journal of Orthodontics, 2002.
- American Academy of Cosmetic Dentistry. A Guide to Accreditation Photography: Photographic Documentation and Evaluation in Cosmetic Dentistry, extrait.
- Grimes K. Clinical photography. Formation en orthodontie, NIMDTA (Irlande du Nord), 2026.
- Shahrul AI et al. Does the camera type affect the quality of orthodontic photographs? Mirrorless and smartphone cameras versus digital single lens reflex (DSLR) camera. Journal of Orthodontics, 2025.
- Alhumoud T et al. Performance of smartphone cameras for measuring and analyzing dental shade: A systematic review. Journal of Dentistry, 2026.
- Ordre national des chirurgiens-dentistes. Communication du chirurgien-dentiste : les recommandations. La Lettre de l'ONCD, juin 2021.
- Ministère de la santé, DSSIS. Note d'explicitation du champ d'application du cadre juridique de l'hébergement de données de santé (article L.1111-8 du code de la santé publique), 2019.
Patients fictifs, images générées par IA. Les visuels illustrent les situations décrites.
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